Écrire pour la scène. Exploration des archives de Michel Ouellette

Comment le dramaturge Michel Ouellette élabore-t-il et écrit-il ses pièces? Où puise-t-il ses idées? Et puisque le texte de théâtre est d’abord destiné à devenir un spectacle avant d’être publié sous forme de livre, comment évolue-t-il au cours du processus de mise en scène?

Cette exposition propose un parcours de l’œuvre de Ouellette entre 1978 et 1994, soit des premières pièces écrites pour la troupe Tzigane de l’école secondaire de Smooth Rock Falls, puis une pièce pour la troupe communautaire Méli-Mélo de Kapuskasing, jusqu’aux premières collaborations avec le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) de Sudbury, démontrant l’importance du théâtre en milieu scolaire, du théâtre communautaire puis l’appui de professionnels du théâtre dans la carrière du dramaturge. Le choix de divers types de documents – manuscrits, tapuscrits, mais également correspondance, affiches, programmes, croquis de costumes et de décors, photographies – veut témoigner du fait que si le texte est d’abord élaboré dans la solitude, tout un travail de collaboration accompagne la démarche du dramaturge et peut même parfois l’influencer.

Explorer l’exposition

  1. L’œuvre de Michel Ouellette
  2. Le fonds d’archives Michel Ouellette
  3. Les premières pièces pour la troupe Tzigane
  4. « Barbelés MacPherson 1917 » (1985) et Corbeaux en exil (1990-1992)
  5. « Les ordres du jour » (1987-1991)
  6. L’adaptation de Lavalléville (1991-1992)
  7. French Town

L’œuvre de Michel Ouellette

Originaire de Smooth Rock Falls dans le Nord de l’Ontario, Michel Ouellette a écrit plus d’une quarantaine de pièces de théâtre dont une quinzaine ont été publiées. Il a également publié de la poésie, un récit poétique et polyphonique qui a été adapté à la scène, trois romans ainsi que des livres jeunesse et un beau-livre. Il a remporté plusieurs prix dont le prix du Gouverneur général pour French Town, le prix Trillium pour Le testament du couturier et le prix Michel-Tremblay pour La guerre au ventre.

Selon la chercheuse Lucie Hotte, on peut distinguer trois phases dans l’œuvre de Michel Ouellette. La première regroupe « les œuvres référentielles » (1989-1994) des « Ordres du jour » à French Town, des pièces dont l’action se situe dans le Nord de l’Ontario avec des thèmes propres à l’Ontario français dans une langue populaire. La seconde phase regroupe « les œuvres de la distance » (1994-2001), de la pièce Le Bateleur au premier roman de Ouellette, Tombeaux. Cette phase est caractérisée entre autres par un nouveau rapport à l’espace identitaire et à une nouvelle thématique : se libérer par l’écriture. Enfin, la troisième phase, soit « le questionnement métaphysique » (2001- ), commence avec la pièce Le testament du couturier qui explore de plus en plus l’écriture et affiche un caractère résolument universel, s’inspirant parfois des mythes grecs pour les revisiter.

Soucieux d’explorer tous les mécanismes de l’écriture, Michel Ouellette a poursuivi sa réflexion théorique dans le cadre d’une maîtrise et d’un doctorat en création littéraire à l’Université d’Ottawa.

Retour à la table des matières


Le fonds d’archives Michel Ouellette

La plupart des documents de cette exposition proviennent du premier versement du fonds d’archives de Michel Ouellette. Ce fonds témoigne non seulement de la production professionnelle de Michel Ouellette, mais aussi de plus de 40 ans d’écriture dramaturgique depuis les premières pièces pour la troupe de l’école secondaire de Smooth Rock Falls.

Pour la période entre 1978 et 1994, peu de manuscrits ont été conservés sauf pour Corbeaux en exil et French Town. Cependant, les versions tapuscrites des premières pièces sont importantes puisque ces textes n’ont pas été publiés. Elles nous apprennent entre autres que Ouellette inclut des chansons dans toutes ses pièces jusqu’aux « Ordres du jour », puis une dernière fois pour l’adaptation de Lavalléville.

Les différentes versions de tapuscrits de certaines pièces révèlent un travail minutieux et témoignent d’une réécriture avec le souci du mot juste. Quant aux manuscrits, le plus souvent constitués d’idées, de notes, de schémas, de synopsis intercalant parfois des bribes de dialogues et de moments de réflexion et de questionnement, ils laissent paraître les doutes et les hésitations, avec de nombreux « faux départs » aux côtés de prises de décisions. Ils nous apprennent comment Michel Ouellette travaille de façon rigoureuse et s’interroge constamment sur son travail de dramaturge à partir des personnages, de leurs interactions et de leur situation; ils témoignent aussi de l’importance de la portée symbolique de ses choix.

Retour à la table des matières


Les premières pièces pour la troupe Tzigane (1981 et 1982)

Bien avant l’expérience de « Barbelés MacPherson 1917 » avec la troupe Méli-Mélo, Michel Ouellette écrivait pour le théâtre. Les archives conservent un tapuscrit de ses quatre premières pièces, écrites pour la troupe Tzigane de l’école secondaire de Smooth Rock Falls entre 1978 et 1982.

« Il y a un géni dans ma soupe à l’alphabête. Comme un p’tit besoin de BonDieu » (1982) met en scène quatre sœurs qui doivent s’occuper de leur vieux père qui lit des messages dans sa soupe « à l’alphabet » et qui s’est endetté à force de dépenses irréfléchies. L’état du père alterne entre des moments de lucidité où de vieilles querelles familiales surgissent et des moments de folie douce où il attend la mort. La pièce s’achève alors que tous se réconcilient. À la fin, le père suit le cygne venu le chercher.

« Entre les nuits, il y a le jour » (1981) met en scène deux histoires parallèles : celle de David et Louise qui vient d’apprendre qu’elle est enceinte et celle de Célestin, un vieil homme vivant en ermite dans la nature qui reçoit la visite de Bonheur. Les dix-sept scènes de la pièce sont ponctuées par neuf chansons. Bonheur fait le lien entre les deux « plateaux » et amène les personnages à réévaluer leurs valeurs ou à faire la paix avec leur passé pour vivre heureux. Les archives contiennent aussi des croquis pour les décors des deux « plateaux ».

Retour à la table des matières

Les premières pièces pour la troupe Tzigane (1978 et 1979)

Michel Ouellette a écrit sa seconde pièce, « Éclipse », en 1979. Elle débute alors qu’un Auteur qui s’adresse directement au public est régulièrement interrompu par une « Idée », son imagination. Idée laisse finalement Auteur « présenter un spectacle théâtral pour rire et pour pleurer… ». Ce sera « l’histoire d’une fille mourante qui ne se décide pas à mourir et d’un gars laid qui ne veut pas admettre sa laideur. » Les comédiens entrent alors sur scène et « chantent la chanson thème » : « Éclipse ».

La première pièce de Michel Ouellette, « Un refuge pour ton regard » (1978), commence par une chanson qui présente le personnage principal, Alfred, et lui donne une « leçon de vie » : « Alfred t’as une vie / Laisse toi donc vivre / Alfred t’as un cœur / Laisse toi donc aimer. » À la fois comédie, intrigue policière, drame psychologique et fable fantastique, ce premier texte en quatre tableaux et une finale met en scène un adolescent, pessimiste et rebelle, qui cherche la liberté mais finit par comprendre et accepter le monde dans lequel il vit. Ce tapuscrit nous révèle aussi l’éclectisme de Ouellette en matière de musique puisqu’il suggère certaines pièces musicales pour ponctuer des changements de scène allant de la chanson française (Brel) à la musique concrète et électroacoustique (Ferrari), en passant par la chanson québécoise (Brault et Fréchette) et franco-ontarienne (Cano).

Retour à la table des matières


« Barbelés MacPherson 1917 » (1985) et Corbeaux en exil (1990-1992)

« Barbelés MacPherson 1917 » met en scène un épisode de l’histoire de la ville de MacPherson (devenue Kapuskasing) et de son camp de prisonniers à la fin de la Première Guerre mondiale. Dans le fonds d’archives de Michel Ouellette, on ne retrouve qu’une version du texte, et quelques photos du spectacle. La pièce, écrite pour la troupe communautaire Méli-Mélo de Kapuskasing et mise en scène par Hélène Dallaire, a été présentée au Centre des Loisirs de Kapuskasing les 8 et 9 mai 1985, puis au 12e Festival provincial de Théâtre Action le 19 mai, à Ottawa. Dans le programme, on peut lire que la pièce « est le résultat d’une recherche collective de Denis Bertrand, Hélène Dallaire et Michel Ouellette » alors que « le texte final est de Michel Ouellette » qui jouait les rôles du commandant Albert P. Drake et de Robert Taylor. Il a aussi participé à l’élaboration des décors.

En 1990, à la demande de Michel Marc Bouchard alors au Théâtre du Trillium et dans le cadre d’une résidence d’écriture, Ouellette reprend la matière de « Barbelés » pour écrire ce qui deviendra sa première pièce publiée : Corbeaux en exil (Le Nordir, 1992). Deux cahiers de notes conservés dans les archives témoignent de ce travail. La pièce a fait l’objet d’une mise en lecture en 1991.

Retour à la table des matières

Les tapuscrits de Corbeaux en exil

Les archives conservent cinq dossiers contenant des tapuscrits de la pièce, soit un dossier intitulé « Le cri des corbeaux » daté du 3 février 1991 mais dont la dernière page est datée du 5 février 1991; trois dossiers datés de février 1991 portant respectivement les titres « Corbeaux en exil », « Corbeaux en exil [manuscrit : état dactylogramme] », « Corbeaux en exil copie de la lecture »; et enfin un dossier intitulé « Corbeaux en exil » également daté de février 1991 et comportant une note de l’éditeur du Nordir Robert Yergeau – indiquant « pour vos archives » – datée du 8 mai. Dans ces versions, il y a peu d’annotations, mais on constate que Michel Ouellette a hésité jusqu’à la fin quant au nombre de personnages, qu’il a retravaillé la fin et a hésité sur le titre à donner à la pièce jusqu’à ces dernières versions toutes datées de février 1991, soit un mois avant la mise en lecture du 22 mars 1991. On remarque aussi que, comme dans la pièce précédente, chaque comédien incarne plus d’un personnage. Enfin, il donne à la pièce une structure originale avec un prologue suivi de séquences.

Retour à la table des matières

Les manuscrits de Corbeaux en exil

Un sixième dossier en lien avec la pièce contient deux cahiers de notes, soit un petit carnet noir et un cahier Hilroy, où l’on trouve des notes et des idées, de même que des ébauches de scénario et quelques bribes de dialogues qui se développent autour de différents personnages qui rappellent davantage « Barbelés MacPherson 1917 » qu’ils annoncent Corbeaux en exil. Cependant, ils nous renseignent sur la façon de travailler du dramaturge. Le carnet noir montre que ses préoccupations portent tout autant sur la façon de concevoir l’espace théâtral que sur des recherches sur des aspects plus précis, comme les caractéristiques d’une arme à feu ou sa volonté de mieux connaître le sujet, par exemple en visitant le musée militaire. Par ailleurs, la figure du corbeau, absente de « Barbelés », apparaît dès la septième page du carnet noir. Ce carnet, tout comme le cahier Hilroy, témoigne aussi d’une réflexion sur le lien entre l’histoire, le réel et la fiction. Ces sources montrent de plus, et surtout, que si le dramaturge part « de l’instinct », sa démarche est par la suite toujours rigoureuse.

Retour à la table des matières

« Barbelés MacPherson 1917 », texte et photos

Le texte de « Barbelés MacPherson 1917 » n’a jamais été publié. Fait intéressant, les deux premières pages du tapuscrit sont des paroles d’une chanson et servent d’introduction à la pièce. S’agit-il d’une influence du théâtre d’André Paiement et des premières pièces du duo Jean Marc Dalpé et Brigitte Haentjens, dont les pièces comportent toutes des chansons?

Par ailleurs, si Corbeaux en exil affiche clairement une intertextualité avec l’étude « Kapuskasing – An Historical Sketch » de Watson Kirkconnell, elle est encore plus évidente dans « Barbelés MacPherson 1917 ». En effet, l’action de la pièce commence en mai 1917 alors que deux soldats travaillent à ériger une clôture de barbelés autour du camp en prévision de l’arrivée, le lendemain, d’un contingent de prisonniers allemands. La pièce raconte ensuite la grève de certains prisonniers, incluant l’attaque d’un « chef de travailleurs » d’un groupe opposé à la grève, le règlement du conflit avec une augmentation de salaire, ainsi que la tentative de mutinerie à l’arrivée d’un nouveau commandant au camp. Tous ces éléments sont directement inspirés de Kirkconnell, de même que la mention du climat rude, des hivers rigoureux et de l’implantation d’une ferme expérimentale par le gouvernement fédéral.

Retour à la table des matières


« Les ordres du jour » (1987-1991)

« Les ordres du jour », la « première pièce professionnelle » de Michel Ouellette, a connu de très nombreuses versions. La pièce a aussi bénéficié d’un appui de l’institution théâtrale puisque le texte a été mis en lecture par le Théâtre du Trillium au printemps 1989. C’est vraisemblablement l’« ébauche finale » de novembre 1988 qui a servi pour cette mise en lecture, laquelle a donné lieu à une « nouvelle version » en décembre 1989. Mais la page titre de la 9e version montre que le dramaturge a senti le besoin de poursuivre le travail d’écriture sur sa pièce pour arriver, en janvier 1990, à « enfin, peut-être, la dernière » version. À ce moment, comme le rapporte Denis Bertrand dans Liaison, Ouellette croit que « cette œuvre est prête pour la scène ».

« Les ordres du jour », qui dénonce les jeux de pouvoirs au sein des organismes artistiques, sera effectivement montée par le Théâtre du Nouvel-Ontario et présentée par la troupe communautaire du TNO en novembre 1991, à Sudbury, dans une mise en scène de Sylvie Dufour, à partir de la 13e version du texte datée de septembre 1991. C’est le début d’une collaboration fructueuse entre le dramaturge et l’équipe du TNO. Mais, semble-t-il, le travail de réécriture n’est jamais terminé : en effet, Michel Ouellette a révisé une fois encore le manuscrit de cette pièce en juin 1999.

Retour à la table des matières


L’adaptation de Lavalléville (1991-1992)

Le projet d’adaptation de la pièce la plus achevée d’André Paiement s’est concrétisé au cours de la saison 1991-1992 du Théâtre du Nouvel-Ontario alors que Michel Ouellette était écrivain en résidence. En lien avec ce projet, les archives de Michel Ouellette ne contiennent que trois versions du texte : une adaptation de Marie-Thé Morin (Vox Théâtre) et les versions 5 et 7 de Michel Ouellette sous forme de tapuscrit. Le Fonds d’archives Théâtre du Nouvel-Ontario nous apprend que le processus d’adaptation a commencé par un atelier qui a eu lieu du 27 mai au 7 juin 1991, à Sudbury, suivi d’un laboratoire en juin. On trouve aussi le cahier de régie de la pièce dans ce fonds d’archives.

Avec l’adaptation de Lavalléville, le dramaturge renoue avec une esthétique qu’il avait privilégiée quelques années auparavant en incluant des chansons, respectant ainsi la version originale de Lavalléville. La pièce a été présentée du 25 mars au 4 avril 1992 à Sudbury avant de poursuivre sa route vers Ottawa du 13 octobre au 29 novembre, puis d’entreprendre une tournée ontarienne. Pour le dramaturge, c’était sa seconde collaboration avec la metteure en scène Sylvie Dufour et la première expérience d’une production professionnelle.

Retour à la table des matières


French Town

French Town est sans contredit la pièce qui a révélé le dramaturge Michel Ouellette. Mais lorsqu’il a obtenu le prix du Gouverneur général, qui s’est souvenu qu’il écrivait pour le théâtre depuis déjà plus de 15 ans?

De toutes les pièces du « premier cycle » de l’œuvre de Michel Ouellette, French Town est celle qui est la plus riche en ce qui a trait aux manuscrits. C’est donc le dossier génétique de cette pièce qui nous en apprend le plus sur le travail d’écriture de l’auteur, travail qui a précédé puis accompagné la production et la publication de la pièce.

Il existe trois éditions de French Town : une première édition dans un format original dont la page couverture reprend une photographie des archives de Smooth Rock Falls (Le Nordir, 1994); une seconde, qui inclut une préface de Stefan Psenak (Le Nordir, 1996); et enfin une troisième, parue dans la collection « Bibliothèque canadienne-française » qui propose une nouvelle page couverture et une préface de Michel Tanner.

Retour à la table des matières

Les manuscrits de French Town

Quatre cahiers à anneaux contiennent les notes manuscrites pour la pièce French Town dont l’écriture commence avant le 8 mai 1992 et s’intensifie au cours de l’automne. En feuilletant la centaine de pages utilisées dans ces cahiers, on apprend que ce qui a déclenché l’écriture est une question que le dramaturge se pose : « Un autre texte. Qu’est-ce que j’ai en moi? » À cette question, il donne une première réponse, « une femme », puis une seconde, « une famille » qui devient « la dernière famille franco-ontarienne ». Ce sont donc les personnages et les liens qui les réunissent qui préoccupent d’abord le dramaturge. Les quelques pages qui suivent explorent cette idée, arrivant très tôt à une décision marquée par un « donc » qui décrit cette famille. Après cette première décision, le dramaturge commence à réfléchir à la structure de sa pièce : trois actes qui correspondent à trois fêtes familiales. Les manuscrits témoignent ainsi du fait que l’interaction entre les personnages, que Ouellette tente de cerner en recourant à des schémas, constitue un élément important de la phase pré-rédactionnelle de la pièce.

Il y a des « trous » dans les archives de French Town. Par exemple, nulle trace d’une première ou d’une deuxième version, et la « 3e version » n’est qu’un court synopsis. Est-ce que cela aurait à voir avec le passage à la technologie numérique pour la mise en forme du texte?

Malgré tout, ce dossier de genèse témoigne éloquemment de l’élaboration du projet, des hésitations et des doutes, des réflexions prenant parfois la forme de dessins, de même que des prises de décision, par exemple lorsque le titre de la pièce apparaît au haut d’une page, parfois avec une date précise, ce qui suggère un nouveau départ dans l’écriture. Les manuscrits témoignent également de l’importance pour le dramaturge de bien cerner la structure de sa pièce à partir de fêtes symboliques comme l’Action de grâce, Noël et Pâques, des éléments envisagés dès le départ et qui se retrouvent dans la version finale de la pièce. Par ailleurs, l’une des dernières phases de l’écriture manuscrite s’attarde à « la scène après le bingo » qui deviendra l’élément central de French Town.

Retour à la table des matières

Les tapuscrits de French Town et le travail de mise en scène

Certains documents concernant la production de la pièce se retrouvent à la fois dans le Fonds Michel-Ouellette et dans le Fonds Théâtre du Nouvel-Ontario, ce qui confirme un travail étroit entre le dramaturge et l’équipe du TNO. Par exemple, les archives du TNO contiennent une télécopie du scénographe Jean Bard adressée à la metteure en scène Sylvie Dufour où il explique sa vision de la pièce et propose des éléments de décor, télécopie dont on trouve une copie dans les archives de Michel Ouellette. Dans ce document, le scénographe propose, en appui à sa réflexion sur le texte, quelques croquis pour le décor. Par ailleurs, les archives nous apprennent que c’est l’une des cinq « version 7 » de décembre 1992 qui a servi à la mise en scène puisque l’on retrouve dans les deux fonds d’archives une copie de cette version annotée pour la mise en scène, devenant ainsi le cahier de régie.

Retour à la table des matières

French Town : le spectacle

La pièce French Town, dans une mise en scène de Sylvie Dufour, a été présentée au Théâtre du Nouvel-Ontario du 24 mars au 3 avril 1993. Une tournée l’a ensuite menée à Moncton du 10 au 13 février 1994, à Toronto les 17 et 18 février, puis à Ottawa les 26 et 27 février. Le lancement de la publication a eu lieu à Ottawa, le 26 février.

Pour l’affiche du spectacle, on a choisi d’utiliser une photographie provenant des archives de Smooth Rock Falls, tout comme pour le programme et pour l’illustration en couverture des première et seconde éditions du texte. La scénographie de Jean Bard a misé sur des éléments et des espaces symboliques, comme la banquette de camionnette et des pièces de moteurs pour Cindy, et la machine à laver pour la mère, Simone. Cet élément de décor a d’ailleurs suscité la controverse comme en témoigne le titre de la critique d’André Girouard dans Le Voyageur : « Fallait-il vraiment une machine à laver? » L’une des photographies, utilisée dans le programme, montrant des draps séchant sur l’herbe et associée à la réplique finale de Simone, vient appuyer le choix du scénographe.

Retour à la table des matières

Les tapuscrits de French Town et le travail de réécriture après le spectacle

Après la production de la pièce en mars 1993, le dramaturge poursuit un travail de réécriture, comme en témoignent les cinq tapuscrits subséquents. L’exemple de la tirade de Simone dans l’épisode « Le feu » en constitue un bon exemple. Entre la version du spectacle et la première réécriture, les modifications, essentiellement stylistiques, cherchent à rendre la syntaxe plus fluide et à transformer la tonalité du propos pour en faire un témoignage plus douloureux alors que Simone revit les événements au lieu de les raconter. Les réécritures subséquentes sont structurelles alors que le dramaturge choisit d’intercaler des répliques de Pierre-Paul dans le monologue de Simone, ce qui correspond à l’esthétique de la pièce. Mais cette nouvelle mise en forme permet aussi de mettre en parallèle les drames propres à chaque personnage et la violence qu’ils dénotent, soit l’incendie volontaire de French Town qui a traumatisé la mère lorsqu’elle était une enfant, et la « scène après le bingo » qui a traumatisé Pierre-Paul qui a été battu par son père et dont la colère et la violence se sont retournées contre sa mère. Les tapuscrits nous révèlent une autre modification, soit l’ajout d’intertitres, qui sont apparus lors du travail de mise en scène et qui seront conservés dans la première édition du texte publié.

Quant au dernier tapuscrit de French Town, il propose une traduction par Michel Ouellette de sa propre pièce, traduction qui semble poser des problèmes de langue bien particuliers, notamment pour les jurons.

Retour à la table des matières

Remerciement

L’exposition met à contribution plusieurs fonds d’archives, principalement les archives du dramaturge conservées au Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF), auxquelles s’ajoutent les archives de la bibliothèque Jean Noël Desmarais (Fonds Théâtre du Nouvel-Ontario) de l’Université Laurentienne, des photographies conservées au TNO, les archives personnelles d’Hélène Dallaire, celles de Francine Garon de la troupe Méli-Mélo, de même que les archives du journal Le Nord conservées au Centre d’archives de la grande zone argileuse de l’Université de Hearst.

À propos

L’exposition virtuelle Écrire pour la scène. Exploration des archives de Michel Ouellette est une production du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF) de l’Université d’Ottawa.

Crédits

Recherche, rédaction et conception : Johanne Melançon, professeur émérite de l’Université Laurentienne et chercheuse en résidence au CRCCF.

Conception numérique : Emy Simoneau et Alexi Thibault-Jutras

Révision linguistique: Olivier Lagueux, responsable des publications et de la recherche, CRCCF

Collaborateurs : Batoul Atwi, archiviste contractuelle, CRCCF, Alice Cocunubová, archiviste de référence, CRCCF, Anne-Sophie Fournier-Plamondon, responsable des archives par intérim, CRCCF, Marysol Moran, archiviste audiovisuel et photographies, CRCCF, Geneviève Piché, responsable des archives, CRCCF, Ghislain Thibault, archiviste des systèmes, CRCCF.

Droits de propriété

Les documents présentés dans l’exposition sont, sauf indications contraires, la propriété de l’Université d’Ottawa. L’utilisation de ces documents est soumise à la Loi sur le droit d’auteur ou aux dispositions contractuelles établies lors de l’acquisition de ces documents par l’Université d’Ottawa.

L’utilisation de ce site et de son contenu, incluant les documents qui y sont présentés, n’est autorisée qu’à des fins pédagogiques, par des enseignants et des élèves, ainsi qu’aux fins d’étude privée et de recherche, à la condition de mentionner la source. Le défaut de mentionner la source et le nom des ayants droit sera considéré comme une atteinte au droit moral, de même que toute modification du contenu de ce site et, individuellement, de chacun des documents présentés.

La reproduction, le téléchargement, la traduction, la conversion, la publication et la diffusion à toutes autres fins et notamment, à des fins de commerce et de publicité, requièrent l’autorisation préalable de l’Université d’Ottawa et, le cas échéant, des autres ayants droit.

Le Centre de recherche en civilisation canadienne-française a pris soin de vérifier la propriété du droit d’auteur sur le contenu de cette exposition. Toutefois, nous vous invitons à nous faire part de tout renseignement nous permettant de rectifier une erreur ou une omission.

Toutes questions ou demandes au sujet des droits de propriété sur ce site ou sur les documents qui y sont présentés doivent être adressées au Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa à l’adresse suivante : archives.crccf@uottawa.ca.

Retour à la table des matières